Moral de Cendrillon : les différences de moralité entre Perrault et Grimm

moral de cendrillon
Sommaires
Duel de pantoufles

  • Charles Perrault privilégie l’élégance mondaine et le pardon : la réussite ressemble ici à un parrainage magique sans galère.
  • Les Grimm imposent une ambiance rurale sombre centrée sur la piété : la magie provient des larmes et d’une dévotion mystique.
  • Le dénouement oppose la diplomatie française aux punitions sanglantes : chaque récit inculque ici une morale adaptée à son époque.

Le conte de Cendrillon constitue sans aucun doute l’un des piliers les plus solides de la culture populaire occidentale. Pourtant, derrière l’image lissée par les adaptations cinématographiques modernes se cachent deux versions littéraires dont les nuances révèlent des visions du monde opposées. Charles Perrault, en publiant ses Histoires ou contes du temps passé en 1697, s’adresse à l’aristocratie française de la fin du règne de Louis XIV. Plus d’un siècle plus tard, en 1812, Jacob et Wilhelm Grimm collectent une version germanique beaucoup plus sombre et ancrée dans une tradition rurale mystique. Cette analyse détaillée explore les racines sociales, morales et symboliques qui séparent la pantoufle de verre de la chaussure d’or.

L’élégance et la diplomatie sociale selon Charles Perrault

Dans la France de la fin du dix-septième siècle, le paraître et l’étiquette sont les moteurs de la réussite. Charles Perrault écrit pour un public qui fréquente les salons parisiens et la cour de Versailles. Sa Cendrillon est donc, avant tout, une jeune femme qui maîtrise les codes de la politesse et de la diplomatie. Même lorsqu’elle est humiliée par ses demi-sœurs, elle ne perd jamais son calme. Sa patience n’est pas seulement une vertu chrétienne, c’est une preuve de sa haute naissance spirituelle et sociale.

L’introduction de la fée marraine est un élément crucial du texte français. Contrairement à la version des Grimm, la magie de Perrault est extérieure à l’héroïne. La marraine agit comme une mentore, une figure de protection qui possède les réseaux et les moyens matériels de transformer une domestique en princesse. La transformation de la citrouille en carrosse et des lézards en laquais est une métaphore de la mise en scène sociale. Pour Perrault, la réussite est une affaire de parrainage. Sans l’appui d’une autorité supérieure et sans les bons accessoires, le mérite personnel reste invisible.

Un autre point fondamental est la célèbre pantoufle de verre. Bien que le débat entre le verre et le vair (fourrure) ait longtemps animé les linguistes, le choix du verre par Perrault souligne la fragilité, la transparence et surtout le caractère précieux et extraordinaire de l’objet. Le verre est une matière noble et rare à l’époque, symbole d’une pureté que rien ne peut souiller. La fin du conte confirme cette orientation vers l’harmonie sociale : Cendrillon pardonne à ses sœurs et les marie à de grands seigneurs de la cour, montrant ainsi que la véritable noblesse réside dans la générosité et l’absence de rancune.

La justice sanglante et la dévotion des frères Grimm

Le passage au monde germanique des frères Grimm nous transporte dans un univers radicalement différent. Ici, point de fée marraine ni de citrouille transformée par une baguette magique. La source du miracle est beaucoup plus organique et spirituelle : elle provient d’un noisetier planté sur la tombe de la mère de l’héroïne, que Cendrillon arrose de ses propres larmes. Cette magie est le fruit d’une douleur vécue et d’une dévotion filiale absolue. La protection ne vient pas d’une figure sociale extérieure, mais du lien sacré entre la vie et la mort.

Les Grimm insistent lourdement sur la notion de travail et d’épreuve. Cendrillon doit trier des lentilles et des pois jetés dans les cendres, une tâche harassante qu’elle accomplit avec l’aide des oiseaux du ciel. Les colombes et les tourterelles deviennent ses alliées invisibles, symbolisant une nature qui reconnaît et protège la vertu. La religion et la piété sont au centre du récit. L’héroïne est une figure de martyr qui endure les pires souffrances avant d’être récompensée par une intervention quasi divine.

La conclusion des Grimm est célèbre pour sa violence punitive, absente chez Perrault. Pour tenter de chausser l’escarpin d’or (et non de verre), l’une des sœurs se coupe l’orteil et l’autre le talon, encouragées par leur mère qui leur rappelle qu’une fois reines, elles n’auront plus besoin de marcher. Le prince est averti de la supercherie par les oiseaux qui chantent le sang coulant dans la chaussure. Lors du mariage final, les deux sœurs ont les yeux crevés par les colombes. Cette fin illustre une justice immanente et brutale : le mal ne doit pas seulement être écarté, il doit être physiquement et définitivement puni.

Elements de comparaison Version de Charles Perrault (1697) Version des Freres Grimm (1812)
La nature de la chaussure Verre (transparence et fragilité) Or (richesse et solidité)
L origine de l aide Fee marraine exterieure Arbre sur la tombe de la mere
Le role des animaux Laquais et cochers passifs Oiseaux actifs et vengeurs
Le denouement moral Pardon et integration sociale Chatiment corporel et exclusion
Atmosphere generale Mondaine, galante et ironique Sombre, rurale et mystique

L’opposition entre la grace et la vertu

Pour bien comprendre ces textes, il faut s’attarder sur la morale finale ajoutée par Perrault dans son édition originale. Il y explique que la beauté est un don, mais que la bonne grâce est encore plus précieuse. Pour lui, la grâce est l’art de plaire, une compétence sociale indispensable pour naviguer dans les hautes sphères du pouvoir. Sa Cendrillon est une héroïne de salon qui sait se rendre aimable même auprès de ses ennemis. C’est une vision pragmatique et optimiste de la vie en société.

À l’inverse, l’héroïne des Grimm, nommée Aschenputtel, ne cherche pas à plaire par son esprit. Elle est définie par sa sincérité et sa capacité à souffrir. Sa beauté est une émanation directe de sa pureté intérieure et non un artifice construit. La chaussure d’or, plus lourde et plus matérielle que celle de verre, souligne cette quête d’une vérité absolue et inaltérable. La version allemande rejette l’hypocrisie et le compromis social : soit on appartient au camp de la lumière et du bien, soit on appartient à celui des ténèbres et de l’ambition malveillante.

Ces différences reflètent également les contextes politiques de leurs époques respectives. Perrault écrit dans une France centralisée où l’aristocratie cherche à s’unifier autour de valeurs communes de courtoisie. Les Grimm écrivent à une époque où le nationalisme romantique allemand cherche à définir une identité propre, basée sur des valeurs morales strictes, le respect de la terre et une foi profonde. Le conte n’est plus un simple divertissement de cour, il devient un outil pédagogique destiné à forger le caractère des futures générations par la crainte du châtiment et l’espoir de la récompense céleste.

En conclusion, bien que l’intrigue reste globalement la même (une jeune fille maltraitée qui finit par épouser un prince grâce à une chaussure perdue), les messages délivrés sont divergents. D’un côté, nous avons un manuel de savoir-vivre et de pardon qui célèbre l’intelligence sociale. De l’autre, nous trouvons une épopée spirituelle et punitive qui exalte la piété et la justice implacable. Ces deux chefs-d’œuvre continuent de fasciner car ils touchent à deux aspirations humaines fondamentales : le désir de reconnaissance sociale et le besoin d’une justice transcendante.

Foire aux questions

Quelle est la morale de l’histoire de Cendrillon ?

Franchement, entre deux lessives et un biberon tiède, on se demande parfois si on va s’en sortir ! L’histoire raconte le destin de la jeune Cendrillon qui est forcée par son horrible belle mère à travailler dur. La morale de l’histoire est, il ne faut pas se décourager, car un jour viendra l’heure de gloire. Il ne sert à rien de vouloir la gloire et de courir après, car plus on court, plus elle se sauve. On reste zen, le moment magique arrive enfin, même avec une tache de purée sur le pull préféré , la patience est une vertu !

Quelle est la valeur morale du conte de Cendrillon ?

On a tous eu l’impression d’être le serviteur officiel de la maison, entre les crises de larmes et les montagnes de doudous à ramasser ! La leçon ou le thème de Cendrillon, c’est que la gentillesse sera récompensée, alors que l’égoïsme ne le sera pas. Notre héroïne est persécutée par ses demi,sœurs, mais elle reste bonne et généreuse malgré les épreuves. C’est un peu comme garder le sourire quand le loulou redécore le mur avec de la compote. La bonté, c’est le vrai super,pouvoir du parent ninja moderne face à l’adversité quotidienne et aux nuits trop courtes !

Quel est le message de Cendrillon ?

Même quand la nuit est aussi noire qu’une chambre de bébé à trois heures du matin, il est possible de triompher ! Le conte est un rappel essentiel, peu importe la noirceur du monde, on peut gagner grâce à la gentillesse, au courage et à la détermination. On traverse souvent des tempêtes de fatigue, mais ces obstacles les plus difficiles à surmonter sont souvent à l’origine des plus grandes réussites. C’est en gérant le chaos quotidien avec amour qu’on devient vraiment fort. La détermination est la meilleure baguette magique pour transformer une galère monumentale en une victoire éclatante , on lâche rien !

Quelle est la conclusion de Cendrillon ?

On pensait que tout se terminait par un mariage royal et un gros dodo ? Pas du tout ! Dans la version vietnamienne nommée Tâm et Cám, l’histoire ne s’arrête pas au mariage du roi avec Cendrillon. Cendrillon est ensuite tuée par sa belle,sœur, qui enterre ses os et prend sa place auprès du roi. Notre pitchoune se réincarne ensuite en oiseau ! Le prince en tombe amoureux, mais la belle,sœur finit par le tuer et l’enterrer aussi. C’est un sacré tsunami de bêtises qui rappelle que la vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille comme une sieste enfin réussie !

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